On discute ces jours-ci de la disparition éventuelle du système de gestion de l’offre des produits agricoles au Canada. Il y a quelques semaines, les journaux rapportaient que le Bureau de la concurrence avait mis à jour une conspiration contre le public, alors que 13 personnes et 11 entreprises ont été accusées d’avoir formé un cartel dans le marché de l’essence à Sherbrooke, Magog, Thetford Mines et Victoriaville. Quel lien y a-t-il entre ces deux événements ? Pour répondre à cette question, il est utile de comprendre ce qu’est un cartel.
Un cartel est un regroupement de producteurs qui s’entendent pour maintenir les prix élevés, en réduisant la concurrence. Ceci peut leur permettre d’augmenter leurs profits en émulant le comportement d’un monopole. Notons qu’un monopole et un cartel (qui fonctionne), c’est du pareil au même. Les deux conduisent à une réduction de la production et à une hausse des prix.
Évidemment, on a pu voir le public s’émouvoir d’un tel comportement chez les détaillants d’essence et réclamer plus de vigilance de la part du gouvernement, ainsi que des pénalités exemplaires pour les coupables. À raison, car la concurrence est essentielle au bon fonctionnement du marché.
Il y a, en fait, deux façons pour des producteurs d’obtenir moins de concurrence et plus de profits. Premièrement, ils peuvent tenter de former un cartel. Mais c’est compliqué, car les cartels sont instables et ... illégaux. En effet, une fois le cartel formé, chacun a intérêt à tricher, en profitant de la réduction de la concurrence des autres pour augmenter la sienne. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les entreprises fautives dans le domaine de l’essence se situent là où le nombre de concurrents est faible : il est plus facile de s’entendre à cinq, en région, qu’à mille à Montréal. Et il y a toujours le danger de se faire prendre la main dans le sac.
Deuxièmement, les firmes peuvent former une association, financée par ses membres, qui fera du lobbying, afin d'obtenir une loi qui contraindra tout le monde à réduire la concurrence. D'où les lois sur la gestion de l’offre en agriculture. La gestion de l’offre, c’est très simple : pour produire un bien, le lait par exemple, il faut détenir un permis. On limite le nombre de permis, ce qui réduit la production et permet de maintenir des prix élevés. Comme le gouvernement impose lui-même le système des quotas, par la coercition, tout est réglé.
Il est particulièrement cocasse de voir que les entreprises pétrolières accusées d’avoir formé un cartel auraient tout simplement dû s’associer pour demander au gouvernement un prix minimum de l’essence. Elles auraient ainsi obtenu, légalement, ce qu’elles tentaient d’avoir par la dissimulation. Ah, mais j’oubliais ! Le prix minimum de l’essence existe déjà au Québec…
Bizarre tout de même, la myopie dont nous faisons preuve face au gouvernement. Les gouvernements sont, en fait, la plus importante source de monopoles et de cartels dans l’économie.
Allons-y avec les cas les plus flagrants de création et de maintien de cartels (et d’arrangements qui aboutissent au même résultat) par les gouvernements : le cartel des producteurs de lait, celui du sirop d’érable, des œufs, de la volaille (limitation de la production par l’émission de quotas), le cartel du taxi (limitation du nombre de permis), les cartes de « compétence » dans les métiers de la construction et les autres cartels syndicaux, etc.. Et tous les secteurs protégés par des politiques commerciales protectionnistes. Finalement, n’oublions pas les monopoles créés par la législation : alcool, électricité, jeux.
Surprise : le gouvernement, par ses lois et règlements, est responsable de la création et du maintien des plus importants cartels dans l'économie. Et d’une importante perte de bien-être pour les consommateurs. Nous devrions donc nous réjouir, et non pas nous inquiéter, devant la possibilité de disparition des cartels agricoles.
mercredi 9 juillet 2008
vendredi 4 juillet 2008
Fourth of July Special
On this Fourth of July, a few articles about FREEDOM :
Freedom: First Step in Pursuit of Happiness
Reflection Day
Safeguarding liberty and justice for all
Independence Day should reinstill hope for America
Editorial: All hail the First Amendment
America at 232: Liberty's fight
Freedom of Speech: Negative campaigning
Free speech, eh? Why is Canada prosecuting Mark Steyn?
The Post editorial board: The Mark Steyn complainants don't understand freedom of speech
Freedom: First Step in Pursuit of Happiness
Reflection Day
Safeguarding liberty and justice for all
Independence Day should reinstill hope for America
Editorial: All hail the First Amendment
America at 232: Liberty's fight
Freedom of Speech: Negative campaigning
Free speech, eh? Why is Canada prosecuting Mark Steyn?
The Post editorial board: The Mark Steyn complainants don't understand freedom of speech
dimanche 8 juin 2008
Lectures d'été
Voici quelques suggestions de lectures économiques pour vos vacances :
- Tyler Cowen, Discover your Inner Economist: Use Incentives to Fall in Love, Survive Your Next Meeting, and Motivate Your Dentist
- Avinash Dixit and Barry Nalebuff, Thinking Strategically
- Nathalie Elgrably, La face cachée des politiques publiques
- Milton Friedman, Capitalism and Freedom
- Tim Harford, The logic of Life
- Tim Harford, The Undercover Economist
- Steven Landsburg, More Sex Is Safer Sex: The Unconventional Wisdom of Economics
- John McMillan, Reinventing the Bazaar
- Johan Norberg, Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste
- Russell Roberts, The Choice: A Fable of Free Trade and Protection
- Charles Wheelan, Naked Economics
samedi 7 juin 2008
La rationalité économique
Les économistes postulent en général que les humains sont rationnels. Pas que chacun des gestes de chaque personne est pesé et réfléchi, mais plutôt que, en moyenne, les gens cherchent de la meilleure façon possible à atteindre leurs objectifs. Ainsi, on peut prévoir que les gens réagiront aux incitatifs (par exemple, si le coût de renonciation d'une action quelconque augmente, les personnes entreprendront moins cette action). À ce sujet, voir un de mes posts précédents.
Un débat intéressant s'est tenu récemment à ce sujet entre Tim Harford, un tenant de l'approche orthodoxe et Dan Ariely, qui fait de la recherche en économie béhaviorale. Ils viennent chacun de publier un livre qui éclaire la position économique et celle des psychologues.
Un débat intéressant s'est tenu récemment à ce sujet entre Tim Harford, un tenant de l'approche orthodoxe et Dan Ariely, qui fait de la recherche en économie béhaviorale. Ils viennent chacun de publier un livre qui éclaire la position économique et celle des psychologues.
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Économie
Hillary et Bastiat
Avec deux ans de retard (!), je viens de lire ce texte. On y indique que la sénatrice Hillary Clinton a appuyé une proposition visant à rendre réelle la fameuse "Pétition des marchands de chandelles" de Frédéric Bastiat, une des plus fameuses parodies de la science économique.
Last month, Sen. Hillary Rodham Clinton and nine colleagues (ranging from Barbara Boxer to Tom Coburn) endorsed a petition from — you guessed it — the domestic candlemaking industry asking the secretary of commerce to impose a 108.3 percent tariff on Chinese candle producers.
La réalité dépasse quelques fois la fiction !
Last month, Sen. Hillary Rodham Clinton and nine colleagues (ranging from Barbara Boxer to Tom Coburn) endorsed a petition from — you guessed it — the domestic candlemaking industry asking the secretary of commerce to impose a 108.3 percent tariff on Chinese candle producers.
La réalité dépasse quelques fois la fiction !
L'économie américaine est-elle en récession ?

On entend (ou on lit) ces jours-ci des commentaires contradictoires sur l'état de l'économie US. Est-elle ou non en récession ? Rappelons la définition habituelle d'une récession :
Une période d'au moins 2 trimestres d'affilé avec une croissance négative du PIB réel.
Même si elle est anémique, la croissance est légèrement positive jusqu'à date. Regardez le graphique ci-haut, tiré de la revue National Economic Trends, de la Fed de St-Louis de juin 2008. Il est cependant possible que la croissance soit négative au 2e trimestre (qui se termine le 30 juin), ainsi qu'au trimestre suivant, mais on n'a pas encore les chiffres. Donc, ils sont peut-être en récession, mais on ne le saura qu'à l'automne.
Notons aussi que, en raison de la croissance naturelle de la main-d'oeuvre et de celle de la productivité, dès que la croissance économique tombe sous un certain niveau (au Canada, environ 2,5 % en moyenne), le taux de chômage augmente, même si la croissance reste positive. Un taux de chômage à la hausse n'est donc pas nécessairement l'indice d'une récession.
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vendredi 6 juin 2008
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